Raiatea – Maupiti (en navigation de nuit)
Je me réveille à 7h et il règne déjà une certaine agitation à bord : Maupiti est en vue, quand soudain Bernard crie « baleine … baleine !! » en nous montrant un nuage de brume à 500 mètres environ à l’arrière. Trop tard, on ne verra plus rien.
Nous mettons le cap sur un groupe d’oiseaux qui plonge devant nous pour chasser les poissons. Quelques minutes plus tard et à la seconde près, nos 3 lignes de pêche se tendent. Manque de chance, nous perdons les trois poissons en même temps aussi. Grmmmmpffflll … C’est rageant !
Notre déception sera de courte durée : à moins de 100 mètres de nous, nous apercevons la queue et le dos d’une baleine. Juste avant quelle ne plonge à nouveau plus en profondeur. La grande classe ! La comparaison et les commentaires à l’encontre d’une autre baleine à bosse, connue de certains membres de l’équipage fusent sur le pont. La seule passe de Maupiti est déjà en vue, quand nous apercevons à nouveau une baleine. J’essaye de la prendre en photo.
Nous descendons les voiles et Henere fonce à bon régime dans la passe Onoiau (« espadon qui nage »), entourée des Motus Pitihahei et Tiapaa. Il est exactement 8h10. C’est aussi à la minute près le temps que nous avons mis pour faire Raiatea – Maupiti. Pour la petite histoire, de violents courants marins rendent cette passe complètement infranchissable à certaines heures. Maupiti est aussi le paradis des tortues – protégées en Polynésie – et des aigrettes sacrées, sorte de héron gris que l’on rencontre le long des plages.
Nous mouillons l’ancre dans le lagon, à moins de 2 mètres de fond. En tout, il y a seulement deux autres voiliers pour toute l’île. Quel paradis. Nous prenons l’annexe pour faire du snorkling jusqu’à proximité du reef. En même temps, Henere emprunte un kayak pour aller pêcher dans la passe. Les trois touches sur les lignes lui laissent un goût amer. Il reviendra bredouille quelques heures plus tard. Puis notre skipper pêcheur malheureux partira avec Thierry sur l’annexe, cannes à pêches en main. A leur retour, notre frigo sera toujours vide de poisson. Et ce ne sont pas mes quelques tentatives de lancer de ligne ridicules à la canne à pêche qui nous apporteront plus de poisson. Bref, ce sera une journée « sans », comme on dit … Mais en même temps, on s’en fout un peu : le ciel est bleu, l’eau turquoise et plein d’autres poissons nous attendent au large et dans la passe. Et nous, quand on pêche du poisson, on ne transforme pas le carré en abattoir ensanglanté digne des meilleurs décors de cinéma de Romero (Alex, si tu nous lis … ), et il y a du sashimi frais dans les assiettes un jour plus tard (oui, parce qu’il faut le laisser reposer au moins un jour pour qu’il soit bien tendre).
Nous recevons toujours plein de commentaires positifs et encourageants sur les photos téléchargées sur Flickr. Ces messages nous font plaisir, continuez de nous écrire, ou sur le blog ou par SMS. Je télécharge les photos lorsqu’une connexion Internet est disponible. Mais comme je l’ai déjà dit, c’est à chaque fois la Bérésina : il faut compter environ 1 heure pour publier péniblement 100 photos, pourtant déjà réduites à leur stricte minimum au niveau de la taille (cette opération prend chez nous environ 15 secondes). Difficile d’être à jour, quand je fais environ 200 photos par jour. On est vraiment loin de tout. Pour info, la minute de parole par téléphone mobile vers la Suisse coûte environ CHF 9.- ; Thierry a reçu un message du conseil d’administration de Swisscom : il fait partie dorénavant des actionnaires de l’opérateur téléphonique. Merci Dédé de soutenir la crise et la morosité qui règne dans notre pays.
On s’endort sous un ciel plein d’étoiles ; la Voie Lactée est bien plus lumineuse que dans l’hémisphère nord.

