Archive pour catégorie Tahaa

Mercredi 7 octobre

Tahaa – Baie Apu – Raiatea

Ce matin, c’est grasse matinée. Enfin, pour les autres … Il y a une quantité incroyable de sciure au fond de notre cabine. Bernard a scié du bois toute la nuit. Pour une fois, je suis debout le premier. Il est 6h … La météo semble être de notre côté : il fait grand beau.

Vers 9h30, nous partons visiter une ferme perlière derrière le yacht club de Taravana. Ils produisent environ 20′000 perles commercialisables par année, et préparent 300 huitres par jour. Le gars qui procèdent à l’introduction du « nucleus » (bille de coquillage du Mexique) gagne 2 euros par bête, plus une participation aux ventes. Le job est intéressant, mais il expose le travailleur à quelques désagréments, dont des allergies. Henere avait lui aussi fait la formation, mais il a dû renoncer pour cette raison.

Une fois à bord, Bernard et Thierry nous préparent des chips avec des morceaux d’arbre à pain. C’est délicieux et je préfère cette préparation aux chips au Taro. Puis on met les voiles sur Raiatea, ou nous mouillons au large entre la Marina Apooti et le village de Tevaitoa.

Le soir, c’est souper spaghettis, pour prendre des forces avant de partir à minuit pour une navigation de nuit de 5 heures et de 46 miles nautiques (env. 82 km), jusqu’à Maupiti. Je fais partie de l’équipe du premier quart avec Henere et Bernard jusqu’à 3h du matin. Le vent est faible et nous sommes obligés de compléter avec un moteur. En revanche, il y a peu de houle et la mer est calme. La lune brille et éclaire l’océan, alors que les étoiles jouent à cache-cache avec les rares nuages. J’ai la chance de voir passer deux belles étoiles filantes. Mes deux vœux sont faits. A 4h du matin, on passe au large de Bora Bora, dont la côté est généreusement illuminée par les nombreux hôtels de luxe. Pascal et Yves nous relayent à 3h, je peux enlever mon harnais et aller me coucher dans la cabine.

Mardi 6 octobre

Raiatea – Uturoa – Tahaa – Baie Apu

Le bruit du moteur me réveille. Il est 6 heures du matin et on met le cap sur Uturoa. Notre guide Eric nous attend à quai avec son Nissan 4×4 pour nous emmener voir les trois cascades qui descendent du plateau de Temehani.

Eric nous donne une paire de chaussettes qui monte jusqu’aux genoux, ainsi qu’une paire de nouilles, les fameuses sandalettes en plastic des années 60. D’après lui, c’est les meilleurs souliers pour marcher dans la forêt tropicale et dans les nids de rivières. A peine équipés (et chaussés des nouilles), on entend un bruit sourd : la rivière est en crue, il pleut sur le plateau. Par mesure de sécurité, on décide de renoncer aux cascades et de nous replier sur une balade de 5 km dans la forêt, autour de l’ancien cratère du volcan, dans la vallée de Faaroa. La progression sera lente, mais la balade intéressante.

Le soir, on amarre le catamaran dans la baie Apu. On descend à terre, souper au Taravana Yacht club. On assiste à des démonstrations de danses tahitiennes. La grande classe, c’est une soirée très réussie.

Samedi 3 octobre

Tahaa – baie Tapuamu – Motu Tautau

Bonne nouvelle : la pluie a cessé de tomber et il y a du soleil, avec quelques nuages. Par contre, le vent est toujours bien présent. Nous levons l’ancre après le petit déjeuner pour retourner au Motu Tautau, où nous mouillons à nouveau devant l’hôtel sur pilotis.

Une fois l’ancre jetée, nous retournons avec l’annexe sur le Motus Tautau pour faire du snorkling. Pendant ce temps, Bernard garde le catamaran … et prépare des Tortillas.

Une fois dans l’eau, on découvre le même spectacle que la veille, mais en mieux! J’ai suivi quelques mètres une raie Pastenague, qui remontait le courant. Le ciel est à présent dégagé. Henere nous a mis en garde contre les poissons-pierres, qui sortent à la pleine lune. Si on marche dessus, il est recommandé d’attraper le poisson, de lui ouvrir le ventre, pour trouver une substance verte – l’antidote – à mettre sur la plaie. Et si on se fait piquer par un oursin, il faut uriner sur la plaie pour dissoudre l’épine.

Le retour avec l’annexe n’était pas piqué des vers : direction plein vent ! Que du bonheur, surtout pour ceux qui étaient assis à l’avant.

Nous levons l’ancre en début d’après-midi pour nous rendre à Vahine Island, un motu privé avec 9 bungalows. On se renseigne pour savoir si la tenue exigée au bar est le smoking. On nous répond – à notre grand soulagement – que non. Le trajet en annexe nous a complètement trempé. Pire encore : on a failli sectionner le câble d’alimentation de l’île avec le moteur de l’annexe. Au bard, on teste plusieurs cocktails, dont la Pina colada, excellente. Entre-temps, Henere nous contacte par VHF pour nous avertir qu’il déplace le catamaran. Il était en cuisine alors qu’il a vu le bateau prendre le vent de travers. Sous l’effet de la force du vent (près de 30 noeuds), l’ancre a glissé. Henere a lui aussi tutoyé le câble d’alimentation de l’île : il l’avait au bout de l’ancre en la remontant. Les clients de l’île ont frôlé le black-out, à deux reprises.

Une fois de retour à bord, c’est p’tit punch party. Puis vient le moment de passer à table : Henere nous sert un délicieux thon cru au lait de coco. Henere est un Chef !

Remarquez, les 8 passagers du Heiva ne sont pas meilleurs. Les bières succèdent aux verres de vieux rhum pour accompagner le café de l’après-souper.

Pendant ce temps, le vent continue de forcir. Par contre, la (pleine) lune est à nouveau de la partie, et joue à cache-cache avec les nuages.

Vendredi 2 octobre

Tahaa – Baie Hurepiti – Motus Tautau – baie Tapuamu

Le matin, le temps est toujours incertain. On décide malgré tout de tenter le « Vanila tour » ; Alain – biologiste – nous emmène à bord de son 4×4 sur des routes sinueuses de Tahaa. Nous découvrons une végétation riche et variée. Il faut savoir que l’éloignement de la Polynésie avec les continents n’a pas favorisé la diversité. Certaines variétés ont été introduites par les premiers habitants venus de Taïwan (qui voyageaient toujours avec des plantes), les oiseaux migrateurs (via leur système digestif), l’océan (les noix de coco par exemple), et d’autres par les colons. Alain nous monte également la façon de poliniser la fleur du vanillier. Il faut savoir que les abeilles du coin ne participent pas à ce processus. Du coup, tout doit être fait à la main.

En tout, le tour durera 5 heures. Une fois terminé, nos estomacs crient famine. Une fois à bord du Heiva, Henere nous sert du Sashimi de thon, avec sauces Wasabi et gingembre. A noter que le poisson frais ne doit pas être mangé tout de suite, sinon il est trop dur. Le thon cru est tendre de chez tendre : un vrai délice !

Quelques heures plus tard, nous levons les amarres pour nous rendre devant le Motu Tautau pour faire du snorkling. Pascal, Thierry, Christian et moi suivons Henere sur l’île. On cueille des feuilles d’hibiscus sauvage, pour les frotter sur les vitres de nos masques pour empêcher la formation de bué. Une fois dans l’eau, on se laisse emporter par le courant. On découvre alors avec émerveillement une quantité inouïe de poissons en tout genre, qui viennent nous manger dans les mains. Après quelques minutes, plus de 100 poissons nous entourent. Il n’y a pas beaucoup de fond, alors il faut toujours faire attention de ne pas se frotter contre le corail, ou de marcher sur un oursin. En Polynésie, ils sont énormes et mesures jusqu’à 40 cm. Plus loin, Pascal rencontrera une raie Pastenague, Christian un poisson dragon et moi … un requin (à 3 mètres). Sans parler des poissons flutes, des chirurgiens ou des anémones et de leur garde rapprochée, les poissons clown (ou « Némos »).

Une fois à bord, on lève l’ancre pour nous rendre à l’abri dans la baie de Tapuamu, non sans avoir contemplé avant de partir les chambres d’hôtel montées sur pilotis autour du Motu Tautau. La chambre la moins chère coûte 1′300 francs suisses. Au large et à l’ancre, un ancien remorquer de l’armée américaine transformé en yacht de luxe et appartenant à un milliardaire. A son bord, un équipage de 17 personnes s’occupe des invités.

Quelques heures plus tard, la VHF transmet un message « Panne » de la station de Raiatea : un bateau de pêche de 24 pieds avec 2 personnes à son bord n’a plus donné signe de vie depuis le matin. Henere nous indique que c’est le bateau de pêche de son oncle. D’après lui, son moteur serait pourri.

Le soir, Bernard nous prépare des pâtes « ail, huile et piments ». Le vent souffle par rafales et les averses s’espacent de plus en plus. Le ciel se dégage par moment, laissant enfin entrevoir la pleine lune, qui illumine généreusement le pont du catamaran et le paysage autour de nous. C’est juste magnifique, et ça mériterait d’être partagé !

Jeudi 1er octobre

Raiatea – Motu Tipaemaua – Uturoa – Tahaa – Baie Urepiti

Nous quittons notre aire de mouillage après le petit déjeuner et nous nous rendons en direction de la Baie de Faaroa. A la hauteur de la passe, nous voyons plusieurs dauphins, qui nagent devant l’étrave du catamaran. On a une chance folle !

On mouille dans la baie et on emprunte l’annexe pour remonter la rivière (eau douce), en direction du jardin botanique. Les fleurs et les plantes sont les unes plus exotiques que les autres, c’est extraordinaire.

Une fois à bord, nous repartons pour Uturoa, pour nous réapprovisionner. Thierry est aux anges, il achète plusieurs chemises locales. Je profiter de me rendre dans un Internet-café pour mettre à jour le blog et uploader les photos. Malheureusement, la connexion Internet sur les îles est très lente, et seulement 200 photos ont pu être envoyées à mon album en ligne Flickr en une heure. Il est prévu de poser un câble en fibre optique entre Hawaï et les îles pour augmenter la vitesse. Pour information, une heure de connexion coûte 1′000 francs pacifiques, soit environ CH 13.- ; certaines marinas proposent un accès wi-fi payant, mais la stabilité et la bande passante ne sont pas au rendez-vous.

Le catamaran amarré derrière nous est loué par 8 Lituaniens, dont 1 couple et … une « escort-girl » lituanienne elle aussi. Cette dernière est sur le pont et nous prend en photo avec son téléobjectif. Je lui retourne le compliment, en la « téléobjectivant » à mon tour. Sourire et clin d’oeil sympa de la fille.

Nous repartons quelques heures plus tard pour Tahaa. La météo tourne au vinaigre et on se ramasse un grain. Nous amarrons le bateau à un corps-mort dans la baie Hurepiti. Quel bonheur de se baigner dans la baie, alors qu’il pleut des cordes autour de nous. Christian fait de très belles photos dans l’eau.

Le soir, Henere nous prépare les derniers morceaux du Thasard au four, dans une sauce au miel. Succulent ! Dehors, la météo se déchaine: vent et pluie à gogo.

Pour pallier ces désagréments, nous nous décidons à ouvrir la bouteille de Piña colada, cocktail préparé la veille par Henere. On le complète «légèrement» avec une tombée de rhum un peu trop généreuse. On fera mieux la prochaine fois.

Dimanche 27 septembre

Tahaa – Huahine

Après le réveil, petit déjeuner, suivi d’une dose de Strugeron contre le mal de mer (prophylactique, « on ne sé jamais » comme dirait notre jurassien de Thierry) et départ à la voile pour l’île de Huahine (« le sexe de la femme », en Polynésien).

2 poissons Thasards

2 poissons Thasards

Les vents sont variables et on affiche un vitesse entre 4 et 7 nœuds. Henere a posé 3 lignes pour la pêche. Alors qu’on approche de Huahine, toujours sans poisson, on croise un « DCP » (dispositif de concentration de poissons : le dispositif chasse les petits poissons à la surface. Y a plus qu’à pêcher les plus gros qui les chassent). Soudain, deux des lignes se tendent : au leur bout, deux magnifiques « Thazards » (appelés ici « Waouh). Chacun pèse environ 8 kg et mesure 1m 40. Pour une première, c’est une belle prise ! Henere prépare les deux poissons sur la jupe arrière, alors qu’on file à 8 noeuds. Peu de temps après, le vent tombe et nous finissons au moteur jusque dans le lagon, en empruntant la passe Avapeihi, en face de Fare. On descend ensuite 8 km dans le lagon vers le Sud pour jeter l’ancre près du Motu Vaiovea. Juste derrière se trouve la Baie de Bourayne, qui a servi de décor au film « Le prince du Pacifique », avec Thierry Lehrmitte. En face de nous, le célèbre rocher d’où l’enfant a sauté dans l’océan.

Le soir, Henere nous apprête le poisson à la Carpaccio : cru avec une sauce au citron et gingembre : un délice !