Archive pour catégorie Maupiti

Samedi 10 octobre

Maupiti

Nous avons tous très bien dormi. L’eau dans le lagon est calme, le bateau stable. En plus, un petit vent constant et frais a bien aéré la nuit les cabines.

Après le petit déjeuner, je pars avec Bernard, Thierry et Christian faire quelques achats (dont notamment des cartes postales). Une fois les achats terminés, j’abandonne les trois au restaurant et je regagne le catamaran sur l’annexe. Pas facile à conduire au début : faut pas se planter entre la marche arrière et la marche avant.

Vers 13h00, je retourne à terre avec Henere et Yves. Objectif : le point culminant de Maupiti, le Mont Teurafaatia, qui se dresse à 380 mètres au dessus du niveau de la mer. Henere part en tête comme une fusée, avant d’être contraint de lever le pied (sacrée cigarette, dira-t-il). La montée est très jolie, tantôt dans l’ombre, tantôt exposée au soleil. Et là, ça tape fort. Le chemin devient plus plus escarpé, et nous devons nous aider de nos mains pour escalader le rocher. Yves préfère nous attendre, ça devient trop vertigineux pour lui.

Je rejoins Henere sur un promontoire, à environ 100 mètres avant le sommet. La vue est extraordinaire : nous découvrons un panorama à 180° du lagon de Maupiti, avec Bora Bora qui se détache de l’horizon. Au loin, l’océan vient se fracasser sur le récif de Maupiti. Plus loin encore, à environ 2 miles du récif, une forme blanche semble être posée sur la mer, avec une importante tache d’huile longue de plusieurs miles. Cette forme nous intrigue : elle est plus ou moins au même endroit depuis plus d’une heure. Nous l’observons avec les jumelles et hésitons entre une baleine morte et un bateau chaviré. Serait-ce le bateau de pêche du fameux oncle disparu depuis maintenant 8 jours ?

Près du reef, un bateau de pêche avance lentement. Henere essaye de le joindre par VHF, sans succès. Le bateau de pêche ne voit pas l’objet, alors qu’il se trouve à moins de 1 mile de lui. Henere fait ensuite un appel à tous les bateaux autour de Maupiti. Sans réponse toujours. Pour finir, il essaye de contacter Mahina Radio à Tahiti. Peuvent-ils nous entendre avec notre VHF portable ? Tahiti se trouve à près de 300 km de nous. Heureusement que notre signal passe par une station de relais sur Raiatea. L’attente est de courte durée, la station de radio nous entend 5/5 ! Henere leur explique la situation. L’information est prise au sérieux par la station, qui contacte le MRCC de Papeete pour envoyer un avion de reconnaissance, afin d’identifier l’objet.

Au loin et de l’autre côté de l’île, nous distinguons un autre bateau de pêche, qui se dirige vers la passe. Henere essaye de le joindre, mais le bruit de ses moteurs étouffe probablement le son de la radio. A la hauteur de la passe, nous constatons que le bateau poursuit sa route et fait cap sur l’objet blanc non identifier. Henere transmet l’information à Mahina Radio, qui reste en stand-by. Le bateau s’approche de l’objet et fait 2 tours autour de lui. Cette fois-il, il entend l’appel de Henere et lui répond. Mauvaise nouvelle, c’est une baleine morte. Henere est très déçu … Il relayera l’information à Mahina Radio, le pêcheur n’arrivant pas à entrer en contact avec la station. Tout comme le Heiva d’ailleurs, tous deux n’émettant pas depuis assez haut, contrairement à nous.

Nous redescendons les deux, après avoir passé une heure, juché sur le promontoire.

Le soir, Lotti nous prépare une Pina Colada en guise d’apéritif. Puis Henere nous fait à souper : du poisson grillé.

Dimanche 11 octobre

Maupiti – Bora Bora

Nous levons l’ancre de bonne heure et quittons le paisible lagon de Maupiti pour Bora Bora. Pas de vent, mais une houle de 2 mètres. Nous naviguons donc au moteur, toutes lignes de pêche dehors. Des dauphins nous rejoignent et jouent sous notre étrave. Ils sont plus de 15 et on aperçoit aussi une imposante masse blanche sous nous. Probablement une baleine…

Nous mouillons dans le lagon de Bora, entre la pointe Farene et Tupitipiti par moins de 2 mètres de fond. Henere nous emmène voir les raies Pastenagues. Une fois dans l’eau, nous sommes entourés d’une dizaine de raies. Leur peau est visqueuse, sauf à la naissance de la queue, qui comporte de petits picots. Elles sont très joueuses. Mais surtout attirées par le poissons proposé par Henere.

Le soir, nous déplaçons le mouillage pour nous mettre en face du yacht club. Il y a une connexion wifi, je profite de mettre à jour le blog et de répondre aux sympathiques commentaires reçus depuis ma dernière connexion.

Vendredi 9 octobre

Maupiti

Après le petit déjeuner, je monte au sommet du mat dans le harnais, pour prendre des photos du bateau et essayer de fixer l’antenne VHS, qui ne tient plus en place. La vue du sommet (22 mètres) est géniale : le bateau et l’équipage paraissent tout petit, vus d’en haut. Le catamaran est stable et ne bouge pas beaucoup. J’ai de la chance, je peux faire des photos en toute tranquillité et passerai presque une heure accroché dans le harnais. Le bateau met le cap pour mouiller en face du village. La vue sur le Mot Hotu et son imposant rocher qui surplombe la face sud de l’île est des plus intéressante. Surtout vu de 22 mètres de haut !

Henere a plus d’un tour dans son sac. Si les techniques de pêche ancestrale n’apportent pas son lot d poisson frais, notre ingénieux skipper sait recourir à des technologies plus modernes : à savoir la pêche avec un téléphone mobile, en lieu et place des cannes à pêche traditionnelles. Quelques heures plus tard, un canot moteur accoste le Heiva. A son bord, les beaux-parents de Henere, qui vivent sur l’île. Avec du poisson frais, dont du poisson perroquet.

Après midi, nous rejoignons la terre pour louer des vélos Torpedos, pour faire le tour de l’île (env. 10 km). Nous découvrons une île au caractère authentique, préservée du tourisme de masse. Il n’y a d’ailleurs pas d’hôtel : un projet a été refusé par référendum voilà quelques années. A la place, de nombreuses pensions familiales. Autre anecdote : il y a ni banque, ni bancomat, et les pensions n’acceptent pas les cartes de crédit.

En chemin, et sur recommandation de Henere, nous faisons une halte à la Plage de Tereia. Le lecteur s’imagine peut être une plage bondée. En fait, nous étions seuls, avec un couple de locaux venus se baigner en Vespa. A noter que l’eau est plutôt chaude : 32 degrés, mesurés par la montre-poignet de Pascal. Sur le chemin du retour, à l’entrée du village, nous tombons un peu « par hasard » sur un petit troquet. Au bar, trois locaux sirotent leur bière Hinano. Thierry leur offre une tournée supplémentaire. Nous dégustons aussi une Pai à l’ananas, sorte de chausson. Délicieux.

Pendant ce temps,sur le catamaran.

Après la sieste (c’est calme, sans nous), Henere prépare un gratin au Uru (arbre à pain) et les poissons perroquet au four.

Une fois remontés à bord après notre petite escapade en vélo, nous avons juste le temps de boire quelques bières. Le repas sera servi quelques minutes plus tard. Le poisson est des plus fins, et le gratin – bien que différent de notre gratin aux patates – se laisse déguster avec le plus grand des plaisirs. Avec Henere, nos vacances sur le catamaran virent carrément à la virée gastronomique.

Jeudi 8 octobre

Raiatea – Maupiti (en navigation de nuit)

Je me réveille à 7h et il règne déjà une certaine agitation à bord : Maupiti est en vue, quand soudain Bernard crie « baleine … baleine !! » en nous montrant un nuage de brume à 500 mètres environ à l’arrière. Trop tard, on ne verra plus rien.

Nous mettons le cap sur un groupe d’oiseaux qui plonge devant nous pour chasser les poissons. Quelques minutes plus tard et à la seconde près, nos 3 lignes de pêche se tendent. Manque de chance, nous perdons les trois poissons en même temps aussi. Grmmmmpffflll … C’est rageant !

Notre déception sera de courte durée : à moins de 100 mètres de nous, nous apercevons la queue et le dos d’une baleine. Juste avant quelle ne plonge à nouveau plus en profondeur. La grande classe ! La comparaison et les commentaires à l’encontre d’une autre baleine à bosse, connue de certains membres de l’équipage fusent sur le pont. La seule passe de Maupiti est déjà en vue, quand nous apercevons à nouveau une baleine. J’essaye de la prendre en photo.

Nous descendons les voiles et Henere fonce à bon régime dans la passe Onoiau (« espadon qui nage »), entourée des Motus Pitihahei et Tiapaa. Il est exactement 8h10. C’est aussi à la minute près le temps que nous avons mis pour faire Raiatea – Maupiti. Pour la petite histoire, de violents courants marins rendent cette passe complètement infranchissable à certaines heures. Maupiti est aussi le paradis des tortues – protégées en Polynésie – et des aigrettes sacrées, sorte de héron gris que l’on rencontre le long des plages.

Nous mouillons l’ancre dans le lagon, à moins de 2 mètres de fond. En tout, il y a seulement deux autres voiliers pour toute l’île. Quel paradis. Nous prenons l’annexe pour faire du snorkling jusqu’à proximité du reef. En même temps, Henere emprunte un kayak pour aller pêcher dans la passe. Les trois touches sur les lignes lui laissent un goût amer. Il reviendra bredouille quelques heures plus tard. Puis notre skipper pêcheur malheureux partira avec Thierry sur l’annexe, cannes à pêches en main. A leur retour, notre frigo sera toujours vide de poisson. Et ce ne sont pas mes quelques tentatives de lancer de ligne ridicules à la canne à pêche qui nous apporteront plus de poisson. Bref, ce sera une journée « sans », comme on dit … Mais en même temps, on s’en fout un peu : le ciel est bleu, l’eau turquoise et plein d’autres poissons nous attendent au large et dans la passe. Et nous, quand on pêche du poisson, on ne transforme pas le carré en abattoir ensanglanté digne des meilleurs décors de cinéma de Romero (Alex, si tu nous lis … ), et il y a du sashimi frais dans les assiettes un jour plus tard (oui, parce qu’il faut le laisser reposer au moins un jour pour qu’il soit bien tendre).

Nous recevons toujours plein de commentaires positifs et encourageants sur les photos téléchargées sur Flickr. Ces messages nous font plaisir, continuez de nous écrire, ou sur le blog ou par SMS. Je télécharge les photos lorsqu’une connexion Internet est disponible. Mais comme je l’ai déjà dit, c’est à chaque fois la Bérésina : il faut compter environ 1 heure pour publier péniblement 100 photos, pourtant déjà réduites à leur stricte minimum au niveau de la taille (cette opération prend chez nous environ 15 secondes). Difficile d’être à jour, quand je fais environ 200 photos par jour. On est vraiment loin de tout. Pour info, la minute de parole par téléphone mobile vers la Suisse coûte environ CHF 9.- ; Thierry a reçu un message du conseil d’administration de Swisscom : il fait partie dorénavant des actionnaires de l’opérateur téléphonique. Merci Dédé de soutenir la crise et la morosité qui règne dans notre pays.

On s’endort sous un ciel plein d’étoiles ; la Voie Lactée est bien plus lumineuse que dans l’hémisphère nord.