Maupiti

Nous avons tous très bien dormi. L’eau dans le lagon est calme, le bateau stable. En plus, un petit vent constant et frais a bien aéré la nuit les cabines.

Après le petit déjeuner, je pars avec Bernard, Thierry et Christian faire quelques achats (dont notamment des cartes postales). Une fois les achats terminés, j’abandonne les trois au restaurant et je regagne le catamaran sur l’annexe. Pas facile à conduire au début : faut pas se planter entre la marche arrière et la marche avant.

Vers 13h00, je retourne à terre avec Henere et Yves. Objectif : le point culminant de Maupiti, le Mont Teurafaatia, qui se dresse à 380 mètres au dessus du niveau de la mer. Henere part en tête comme une fusée, avant d’être contraint de lever le pied (sacrée cigarette, dira-t-il). La montée est très jolie, tantôt dans l’ombre, tantôt exposée au soleil. Et là, ça tape fort. Le chemin devient plus plus escarpé, et nous devons nous aider de nos mains pour escalader le rocher. Yves préfère nous attendre, ça devient trop vertigineux pour lui.

Je rejoins Henere sur un promontoire, à environ 100 mètres avant le sommet. La vue est extraordinaire : nous découvrons un panorama à 180° du lagon de Maupiti, avec Bora Bora qui se détache de l’horizon. Au loin, l’océan vient se fracasser sur le récif de Maupiti. Plus loin encore, à environ 2 miles du récif, une forme blanche semble être posée sur la mer, avec une importante tache d’huile longue de plusieurs miles. Cette forme nous intrigue : elle est plus ou moins au même endroit depuis plus d’une heure. Nous l’observons avec les jumelles et hésitons entre une baleine morte et un bateau chaviré. Serait-ce le bateau de pêche du fameux oncle disparu depuis maintenant 8 jours ?

Près du reef, un bateau de pêche avance lentement. Henere essaye de le joindre par VHF, sans succès. Le bateau de pêche ne voit pas l’objet, alors qu’il se trouve à moins de 1 mile de lui. Henere fait ensuite un appel à tous les bateaux autour de Maupiti. Sans réponse toujours. Pour finir, il essaye de contacter Mahina Radio à Tahiti. Peuvent-ils nous entendre avec notre VHF portable ? Tahiti se trouve à près de 300 km de nous. Heureusement que notre signal passe par une station de relais sur Raiatea. L’attente est de courte durée, la station de radio nous entend 5/5 ! Henere leur explique la situation. L’information est prise au sérieux par la station, qui contacte le MRCC de Papeete pour envoyer un avion de reconnaissance, afin d’identifier l’objet.

Au loin et de l’autre côté de l’île, nous distinguons un autre bateau de pêche, qui se dirige vers la passe. Henere essaye de le joindre, mais le bruit de ses moteurs étouffe probablement le son de la radio. A la hauteur de la passe, nous constatons que le bateau poursuit sa route et fait cap sur l’objet blanc non identifier. Henere transmet l’information à Mahina Radio, qui reste en stand-by. Le bateau s’approche de l’objet et fait 2 tours autour de lui. Cette fois-il, il entend l’appel de Henere et lui répond. Mauvaise nouvelle, c’est une baleine morte. Henere est très déçu … Il relayera l’information à Mahina Radio, le pêcheur n’arrivant pas à entrer en contact avec la station. Tout comme le Heiva d’ailleurs, tous deux n’émettant pas depuis assez haut, contrairement à nous.

Nous redescendons les deux, après avoir passé une heure, juché sur le promontoire.

Le soir, Lotti nous prépare une Pina Colada en guise d’apéritif. Puis Henere nous fait à souper : du poisson grillé.